Bonne nouvelle : on parle du chômage. Mais curieusement cela n’a que peu d’effet sur ce pouvoir d’achat dont on a perdu la clé, il faut dire que l’offre est de peu de valeur, flexible, précaire, à temps partiel, fragmentée, des emplois peu qualifiés et guère innovants.
Pas du travail mais des petits boulots qui changent des indemnisés fauchés en travailleurs pauvres. Peut-être, mais à l’américaine, très flexibles, surtout l’échine, tels que cette grande démocratie libérale apprécie les démunis : pas chers, soumis et jetables.
De slogans ciblés « Travailler plus… » - En consternants constats « Les caisses sont vides » la «normalisation anglo-saxonne» des français rétifs fait son chemin petit à petit ; il faut dire aussi que le Business Plan des Entreprises en 1968 ne prévoyait pas de distribuer 30% d’augmentations aux salariés pour faire le MEME travail. Surtout que quand on donne des sous aux travailleurs, c’est toujours pareil : ils le dépensent et c’est l’inflation.
Si on est emprunteur c’est plutôt sympa : on finit de payer son crédit en monnaie de singe et pour les Entreprises il y a un bon côté : quand on s’est planté dans ses prévisions, on lisse le problème. Par contre, riche ou banquier, quand tu vis de ton capital, l’inflation n’est pas ta copine.
Alors quand la Gauche a voulu rejouer 36 en ramenant le travail légal à 35 heures, horreur !
Le branle-bas de combat fut immédiat et cette fois européen car c’est à la taille de l’Europe que ça aurait pu marcher, mais avec Thatcher aux prises avec ses syndicats et des allemands regardant vers l’est… C’était la France contre le monde entier, un scénario qui avait marché autrefois et on y est donc allés seuls, pour le symbole ? La gloriole et patatras !
Avec l’Euro et la mondialisation qui a suivi ces quelques années heureuses, la redistribution de Grenelle avait déjà vite été récupérée et au-delà, mais restait encore à restaurer une «valeur travail» fortement dévaluée elle aussi.
Comme chaque famille française connaît au moins un chômeur et ses difficultés, sans évoquer les SDF, stade suivant dans la dégringolade sociale que la télévision montre à profusion ; le message envoyé est clair : baisse la tête, ferme ta gueule et bosse, sinon…tu pourrais perdre ton Job et ta famille pour finir dans la rue.
La vraie rupture c’est la fin de l’Etat «providence» car, comme l’annonce Attali, notre «changement» passera plus vite par l’égoïsme autoritaire que par le dialogue démocratique.
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