Dans l’imaginaire pour le moins… Plus on est riche et plus le sentiment d’être malade est important. C’est le constat d’un médecin britannique dans le British Medical Journal. L’auteur s’appuie pour cela, sur une étude comparant les populations indienne et américaine.
Le Dr Iona Heath est médecin généraliste à Londres. Pour elle aucun doute, l’homme moderne vivant dans un pays industrialisé éprouve beaucoup plus souvent le sentiment d’être malade que celui qui vit dans un pays déshérité. Un raisonnement à première vue paradoxal, mais dont la prise en compte est loin d’être sans intérêt. Car en comparant les populations des Etats-Unis et de Bihar - le plus pauvre Etat de l’Inde – , elle a remarqué que les ressortissants de ce dernier éprouvent majoritairement le sentiment d’être en bonne santé. Et cela en dépit de conditions de vie misérables et de carences flagrantes dans l’accès aux soins. Leur optimisme tranche c’est évident, avec la crainte très occidentale de tomber malade. Malades imaginaires ?
Outre-atlantique en effet, les médicaments pour se sentir mieux ou pour améliorer l’état de bien-être se vendent extrêmement bien. Anti-stress, pommades en tous genres, stimulants de la mémoire ou de la fonction sexuelle... la liste est longue. Et totalement inconnue des déshérités de Bihar. La vie moderne serait-elle donc une usine à fabriquer des malades imaginaires ? Iona Heath en est persuadée. Elle propose donc une taxe sur ce type de médicament pour alimenter un fonds destiné à la santé des populations des pays pauvres. Tout un programme, mais peut-être pas si bête...
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