Les Présidents des trois universités lilloises réunis autour d'une même table, dans une ambiance bon enfant : l'image est forte, celle de la réunion des trois universités en un seul et même campus.
Le campus Grand Lille, idée encore incroyable il y a quelques temps. Aujourd'hui, le dossier est déposé au Ministère, reste à espérer que la candidature lilloise soit retenue dans les 10 campus prévus - 6 sélectionnés fin mai, le reste en septembre -, sur les 46 projets soumis partout en France. Dans le Nord-Pas de Calais, Lille et Valenciennes concourent.
Rivaliser avec les campus internationaux
Philippe Rollet, Président de Lille 1, ouvre le bal des explications : « L'opération a été lancée par le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche : rassembler les acteurs autour de projets de campus, pour rivaliser avec les campus internationaux. » Les trois lilloises se sont donc rapprochées pour monter un dossier, et devenir « un pôle de tout premier plan », dans un campus structuré autour du VAL. Le métro devient le lien physique entre les lieux d'enseignement, répartis de la Haute Borne à Eurasanté. 25 mn pour joindre les deux extrémités. Le Président Rollet détaille les atouts du dossier lillois : « Un pôle scientifique international, reconnu et des enseignements pluridisciplinaires, on couvre tous les domaines, avec tous types de diplômes. Nous avons également d'énormes besoins, qui constituent ici des atouts pour que le dossier soit retenu : la moitié de nos 600 000 m2 de bâtiments doit faire l'objet d'un traitement pour une mise aux normes, nous sommes en retard sur le logement étudiant, les infrastructures sportives et culturelles font défaut, de nouveaux bâtiments doivent être construits pour les 14 Instituts de recherche, les learning center... » Ainsi, pour prendre un exemple, le pôle santé se dotera d'un Institut européen de génomique du diabète, d'un autre sur les maladies chroniques de l'intestin, d'une maison hospitalo-universitaire de la recherche clinique, la fac de médecine sera agrandie, et un stade, regroupant des connaissances scientifiques et sportives, à destination du grand public sera construit. 90 000 étudiants
Le campus Grand Lille rassemblerait 90 000 étudiants, dont 20 000 en formation continue, 2 000 (enseignants) chercheurs, 2 000 doctorants et autant de personnels adminis tratifs, sûrement un des trois premiers projets par les effectifs. Un projet qui, s'il est accepté en l'état, mobilisera 730 M€ : 190 millions pour le logement étudiant et l'extension des possibilités de restauration, 540 pour les opérations de rénovation, de construction et d'aménagement : « On doit revoir complètement les bâtiments, beaucoup datant des années 60, pour une mise aux normes, mais aussi pour l'adaptation aux nouvelles pratiques de recherche et d'enseignement, sans oublier l'accès aux handicapés. »
Enjeu de taille
Jean-Claude Dupas, président de Lille 3 renchérit : « Si la BU brûlait, ce serait un vrai barbecue... » Les learning centers constitueront des BU nouvelles générations, avec accès à tous les modes d'informations, ouvertes à tous, étudiants comme habitants, avec des espaces d'informations spécialisés sur les sujets concernés : archéologie et pôles de compétitivité pour les deux learning centers lillois. Un projet immobilier, mais pas seulement : le but est bien d'améliorer les conditions d'enseignement et de vie des étudiants et personnels, et « aussi d'attirer des gens qui viennent de loin », ajoute Jean-Claude Dupas. Un enjeu de taille également pour toute la Métropole : « C'est un projet d'intérêt collectif pour la Métropole. 700 millions d'€, ça aura des retombées sur tout le territoire... Si le dossier n'était pas retenu, ce serait une catastrophe pour la région », prédit le Président de Lille 1
Optimisme
Mais l'optimisme est de mise dans les rangs des Présidents : « On a de sérieux atouts, une quinzaine de projets émergent parmi les 46, on est de façon certaine dans cette quinzaine » assure-t-on du côté de Lille 1. Même son de cloche pour Lille 3 : « On est qualifié de fait par la reconnaissance qui existe. Aura-t-on une médaille à l'arrivée ? On n'imagine pas ne pas l'avoir ! » Il faut dire que le dossier envoyé au Ministère est solide, la plupart des aménagements étant rêvés depuis longtemps, pour certains dans les tuyaux, les rapprochements étant de plus en plus existants : « Si nous avons été capables de monter le dossier si vite, c'est parce qu'avant, on avait déjà rêvé tous ces projets, porté toutes ces réflexions. Les coopérations existent déjà, on a l'habitude de travailler ensemble, en recherche comme dans l'enseignement », rappelle le Président de Lille 1. Et d'ajouter : « au milieu des années 70, je faisais des études d'économie, et je suivais des cours de psychologie sociale à Lille 3 : on revient à cette logique de passerelles. » Ainsi, le PRES est sur les rails pour rapprocher toutes les universités de la région. « Le Campus Grand Lille ne sera pas antagoniste avec le PRES, il en sera même indissociable », rassure Christian Sergheraert, Président de Lille 2. Une question subsiste : à terme, une seule et même université ? Conclusion du Président de Lille 2 : « Le cheminement se fait, la maturation amènera sûrement vers une université unique. En tous cas, à la fin du quadriennal se posera sérieusement la question d'un nom et d'une présidence uniques... » À terme, une université de Lille ?
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