C’est une politique active de 20 ans et 400M€ qui permet aujourd’hui d’obtenir 13 plages classées « bonne qualité » et 25 « qualités acceptable ». Après une période de gros moyens, de petits investissements sont maintenant nécessaires pour conforter ces assainissements. La qualité des eaux de baignade est établie à partir de résultats d’analyses réalisées par un laboratoire agréé par le Ministère chargé de la santé sur les prélèvements effectués par les Directions Départementales des Affaires Sanitaires et sociales. Et il suffit d’un prélèvement non satisfaisant sur les 9 à 21 prélèvements effectués dans l’année pour que la plage soit déclarée en « pollution momentanée ». C’est le cas pour Escalles, Saint-Etienne Au Mont et Camiers Saint-Gabriel.
« Au-delà du constat factuel, le but est de montrer que le système pour assurer une qualité acceptable est trop fragile » s’inquiète Ludovic Lemaire, chef de la mission littorale pour l’Agence de l’Eau.
Un problème de santé publique
« Il s’agit aussi d’un intérét de santé publique. Sans gens bien portants, pas de tourisme… Le premier risque est bien sûr la noyade car sur une plage interdite il n’y a pas de surveillance » résume Daniel Ludwikowski, ingénieur sanitaire à la DRASS. Viennent ensuite les risques liés à l’ensoleillement, les galettes de fuel, les risques de conjonctivite, digestifs, d’infection de la peau etc. « Le diable est dans le détail. Par exemple, Le Touquet investit 11M€ dans une station d’épuration. À côté, on prévoit de placer des moutons sur la plage « pour faire bien », alors qu’un mouton, c’est 4 fois la production bactériologique d’un homme » s’indigne Alain Strébelle , directeur de l’Agence de l’eau Artois Picardie. « Ce qui manque aujourd’hui, c’est l’anticipation, continue Daniel Ludwikowski. Après une nuit d’averses, on sait que la baignade est néfaste. Pourquoi ne pas hisser le drapeau rouge ? »
2013 baptisera un nouveau mode de classement : une nouvelle méthode de calcul prendra en compte les résultats obtenus au cours des quatre saisons balnéaires précédentes. Une nouvelle directive européenne, relative à la gestion de la qualité des eaux de baignade pourrait, de par de nouveaux principes d’interprétation, de normes et d’évaluations, rétrograder d’une classe Bray-Dunes, les 3 plages de Dunkerque, Escalles, Wissant, Neufchatel, Hardelot, Le Touquet et Le Crotoy. Ces plages sont donc une priorité pour l’Agence de l’Eau. Car l’enjeu est important. L’activité touristique du littoral permet d’engendrer un chiffre d’affaires de 2M€ / a, sans compter les emplois produits. Une plage interdite fait perdre 1/3 du CA et demande surtout des années pour rattraper le déficit d’image. « Un effet s’impose à nous : il y a 20 ans, la moitié des plages n’étaient pas satisfaisante. L’objectif : zéro défaut,grappiller partout pour arriver à la réouverture de la Plage de Boulogne. » conclut Ludovic Lemaire.
Interdiction pour non-conformité : Boulogne-sur-Mer (centre plage) et la Digue du Break à Dunkerque.
Bérangère Deschamps
eco@autrementdit.com